Loisirs

Service

Fonds d'écran

Télécharger

Newsletter



Historique du moring

 Récit de vie¬

« Retour accueil moringLes origines afro-malgache |  Pratique et Evolution  | Le moring "Lontan" 

»Suite

Biographie de J.V Payet

J.V Payet, ecrivain réunionnais  J.V Payet est l'un des quelque vingt mille descendants d'une famille qui s'est installée à la Réunion en 1674. Né à Saint-Benoît en 1894, il passe toute sa jeunesse dans son île natale et, muni de son brevet supérieur , il devient instituteur. En 1916, il est appelé et part pour le front de Verdun où il est grièvement blessé. De retour, après la guerre, il embrasse une carrière dans l'administration coloniale et exerce tour à tour ses fonctions à Madagascar, à la Réunion, en côte d'Ivoire et au cameroun.

 C'est à Madagascar qu'en 1928 il publie une première plaquette intitulé "Au seuil des cases" et qui témoigne déjà de son goût pour les traditions et les faits de la vie créole d'autrefois. Certains de ses premiers récits ont été repris et enrichis d'autres nouvelles pour constituer cette ouvrage.
 Ainsi s'égrennent, dans un style qui parfois renoue lui aussi avec le passé et le présent le charme d'un romantisme un peu désuet, les facettes d'une certaine histoire de l'île.(S.Casanova)

Extrait tiré du roman Récit et traditions de la réunion de J-V Payet chapitre intitulé Moringueurs ¬

  Bien longtemps avant que la mode des jeux violents- on dirait aujourd'hui "arts martiaux" -ait été répandue en Europe, fleurissait à la Réunion un art aussi noble que la boxe peut être, le Moringue.
 Le moringue est une sorte de lutte mimée de coups, en grand honneur chez certaines peuplades du sud de Madagascar : sakalavas, baras, antandroy.
Il s'accompagne généralement du son monotone et énervant d'un tambourin, qui se nomme également moringue, et ne se pratique guère qu'à l'occasion de cérémonie au cours desquelles se boivent force toaka, qui est un rhum ou autre alcool de basse qualité, et force betsabetsa,

  Ce jeu, introduit à bourbon avec les esclaves que nous vendirent les manjakas ou roitelets des côtes malgaches, très vite se transforma. C"était à l"époque où notre marine, encore relativement puissante, était constamment représentée dans les plus petites rades ou marine par quelque brick, corvette, frégate ou vaisseau marchand, faisant le commerce des produits locaux, et des vivres de Madagascar, des matériaux ou des appareils de la métropole.
  Les Mocos y mélèrent des coups de savate, les Jean gouin des coups de tête et cette façon de faucher les jambes ou de frapper des pieds en pivotant sur les mains; que les initiés appellent "coup de talon malgache", encore qu"on ne puisse revendiquer cette origine.Les "coups de pieds de flancs" se nomment "bourrants" et, frapper du talon à la tête sur une contre-pirouette, se désigne sous le nom de "Talons hirondelles", en n"omettant pas la liaison.
Les manchettes et atémis étaient connus comme des coups de "quart de main".Les coups bas étaient interdits et on ne frappait pas un adversaire à terre, on criait : mettre au bon.

  Le combat prenait fin soit d"accord-parties, soit quand l"un des combattants criait : "tire!" Le pare à virer était une simple calotte au visage. Chaque round se disait rond. Enfin les défis se lançaient au cri de : "limer"! et le pugiliste faisait le tour du rond, le poing levé. On l"appelait le "batailleur".

  Chaque dimanche, dans un terrain vague clos de haies épineuses, s"agitait un petit groupe d"une centaine de personnes.On exigeait un droit d"entrée de dix centimes que l"on appelait"quatre sous".La foule alors atteignait vite deux cents personnes.   Les batailleurs en renom, dont la gloire s"était répandue dans toute l"île, étaient dans l"assemblée. Ce dimanche-là, Gros Mimi, géant d"ébène qui roulait d"énormes épaules, mais n"était déjà, plus le champion de Saint-Pierre, l"abus du rhum lui ayant fait perdre sa vivacité et fait flageoler les jambes, était présent, ainsi que Latour encore en ses beaux jours, la taille moyenne, râblé, calme et que ses victimes malabars avaient surnommé "cafre rouge", ne pouvant s"imaginer qu"un blanc puisse se débarrasser si facillement de sa veste, pour faire le coup de poing contre n"importe qui; Pierre Maurice, épais et jaune, avec ses mains en battoirs qui, disait-on, broyaient des noix de coco; Coat, petit Comorien à figure tavelée, au cou de taureau et la lippe dédaigneuse quoiqu"ayant subi de retentissantes défaites; enfin Fanfan Jacquemont et d"autres encore, moins connus.

Mais l"objet de cette réunion n"était qu"un combat de coqs...

»Suite

top